mardi 25 avril 2017

Introduction

 

  Au fil de la Liberté

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Yogasûtra



Ce titre est la traduction du mot "Yogasûtra". A l'époque où le yogasûtra a été rédigé, le mot yoga voulait dire "liberté", "libération" ou "repos". Il ne s'agit pas seulement de la Libération, des chaînes du "samsàra" ou "moksha" mais aussi de la libération des vritti négatifs (il en existe des positifs) et du repos qu'une Conscience ressent quand les vritti sont maîtrisés (fluctuations du mental) . 

Patanjali (pour autant qu'il ait été une seule personne et non un groupe de personnes) ne parlait pas de yoga et ne pratiquait pas le yoga: pour lui le mot yoga ne voulait pas dire yoga, mais libération et/ou repos.

Le mental, réussissant à ignorer ces fluctuations négatives, par la concentration dans la Méditation (dhàranà) peut atteindre la Méditation profonde (Dhyàna) voir encore plus profonde (samadhi), jusqu'au plus profond, le nirvikalpa-samadhi et ainsi connaître l'éveil, celui qui fait les bouddha. L'éveil n'est pas le but de l'incarnation. Le but est la Libération des incarnations. On peut atteindre la Réalisation, donc la Libération, sans connaître l'éveil. Souvent les gens confondent un certain réveil de la conscience avec l'éveil.

Ce mot, yoga, a prit le sens d'Union à cause d'un moine errant, Adi Shankara, vers le huitième siècle de notre ère. Le yogasûtra ayant été compilé entre 200 avant Jésus-Christ et 500 après... la conclusion va de soi : les rédacteurs (Patanjali) en écrivant yoga voulaient dire Liberté, libération ou repos.

Ce yogasûtra, qui vous est proposé, a été traduit du sanskrit en tenant compte de ces variables et de la compréhension que donne la pratique de La Voie, qui est celle que pratiquaient les rédacteurs du yogasûtra. Je sais que d'autres diront qu'ils pratiquaient le raja-yoga mais à cette époque le raja-yoga n'existait pas. Le chant du bienheureux (Bhagavad-Gîtâ) parle de la même voie.

Je sais que beaucoup de versets de la version qui vous est ici présentée sont totalement différents des autres versions du yogasûtra (lesquelles ? Il n'y en a pas une qui ressemble à une autre !) et même les pouvoirs (siddhi) y sont vus autrement. Le mot pour dire pouvoir (au chapitre trois) : "vibhuti" voulait aussi dire "ultime accomplissement". Le yoga est certainement une discipline mystique visant à l'accomplissement et pas à l'acquisition de pouvoirs. D’ailleurs il est indiqué, dans le yogasûtra, que les pouvoirs sont des pièges méprisés par celui ou celle qui vise le samadhi :

Ces facultés ressenties comme des pouvoirs,
Par celui qui est tourné au dehors,
Sont des obstacles sur la voie du samadhi

verset 3.37 livre trois

Pareillement, au verset 3.42 du même livre trois (ici chapitre trois) il est question de ressentir une impression de flotter dans l'air comme du coton léger, pas de léviter ! Je vous souhaite une bonne lecture.



Sri Hans yoganand ji


Il existe une version du traité en alexandrin avec, en chapitre premier, une introduction au grand secret (Maha Rahas). Le chapitre premier du yogasûtra (le traité) est devenu le chapitre deux sur ce livre là. Pour lire ces quatrains, c'est ici: maharahas




Table des matières 

(les titres sont des liens, cliquez dessus) 

Chapitre un, à propos de la pleine conscience

Chapitre deux, à propos de la pratique

Chapitre trois, à propos de l'ultime accomplissement

Chapitre quatre, à propos de la Libération



Chapitre un, à propos de la pleine conscience



Au fil de la liberté
Yogasûtra



Pour lire un tableau comparatif de deux traductions différentes de ce livre premier:

1.1

Voici l'enseignement du yoga

Le mot yoga, à l'époque de la rédaction du Yogasûtra, signifiait "libre", "liberté", "repos". Il s'agit de la liberté de l'âme-incarnée, ou Conscience, vis à vis des fluctuations du mental, des pensées, des sentiments, des souvenirs, des sensations, des concepts, des partis-pris, de la confusion, de l'ignorance (nescience) et de leur cortège de souffrances. Il s'agit aussi du repos du mental.

1.2

Le yoga est l'indifférence aux variations du mental

Le mental, s'il est un don, une Grâce de L'Un doit rester un outil et ne jamais diriger la Conscience. Il faut en garder le contrôle. Le mental est sans cesse en activité, même pendant le sommeil. Si ces activités vous débordent, elles sont génératrices de souffrance et si vous ne pouvez pas les faire cesser, il vous est possible de ne pas y prêter attention, comme si vous regardiez le ciel et qu'un nuage passait sans que vous ne le suiviez du regard. Pour ceux qui ont reçu la Révélation de La Voie il s'agit simplement de se recentrer sur la technique de méditation en cours de pratique.

1.3

Par cela* le pratiquant
S'installe dans la paix de sa nature essentielle

* Par cet enseignement.
La nature profonde de l'humain est la paix. Par une attention particulière sur le centre de soi, en utilisant les techniques appropriées, il est possible d'y rester en conscience, au moins durant le temps de la méditation.

1.4

Sans cela le pratiquant s'identifie aux fruits du mental

Autrement dit, s'il ne parvient pas à rester dans la paix de sa vraie nature, par un manque de focalisation et, en même temps, de confiance, le méditant reste dans la confusion du mental en se prenant pour lui. Il n'a plus le recul nécessaire.

1.5

Les fluctuations du mental sont de cinq types
Douloureuses et non douloureuses

Certaines des variations du mental génèrent de la souffrance, de la confusion, d'autres non. Au début de la méditation, une de ces fluctuations est utile et permet de commencer à se concentrer.

1.6

Qui sont: les mécanismes d'acquisition des connaissances, 
L'ignorance, l'interprétation subjective, 
Les rêve et les souvenirs

Le mental existe pour notre bonheur et ses capacités peuvent être utiles dans une quête spirituelle, il s'agit simplement d'avoir du recul et du discernement pour ne pas se laisser déborder par l'affect, les fantasmes, la colère et l'imagination débridée.

1.7

La perception directe, la déduction
Et l'enseignement par une parole faisant autorité*
Sont les moyens de la connaissance

* Un maître vivant.

La perception directe permet d'éviter les concepts. La méditation et le Service sont de cet ordre: l'expérience personnelle sans le filtre des pensées. Le témoignage est le troisième piliers de La Voie: le Satsang. Ces trois moyens permettent à la Connaissance  non apprise de remonter à la surface de la conscience. Cette Connaissance n'est pas une connaissance apprise mais révélée par l'expérience, la perception.

1.8

L'illusion vient d'une perception fausse de la réalité

L'illusion, la Màyà vient du filtre mental de celui qui regarde, de son interprétation subjective. Ce n'est pas le monde qui est illusion, mais la vision que le spectateur en a. Avec une Conscience libérée la vision devient juste.

1.9

Les concepts sont le produit d'une connaissance sans vérité

Les connaissances lues, apprises n'ont aucune réalité, aucune vérité pour celui qui les lit. Elles sont peut-être le fruit de l'expérience directe d'autres personnes, mais leur narration, ni leur récitation, ne peuvent les faire vivre. Ces connaissances n'ont pas de réalité; elles sont théoriques. Ce sont les concepts. Par exemple, dire que la méditation permet de lire l'avenir et le passé est un concept.

1.10

L'éveil conduit à une foi parfaite

1.11

La mémoire est l’empreinte laissée par l’expérience

1.12

L'Observance de la Sadhana, le détachement calment le mental

L'Observance est la pratique assidue de la Sadhana  (Les trois piliers et l'agya de La Voie), c'est à dire ce qui compose sa pratique. Cette Observance produit le détachement, donc un certain calme du mental.

1.13

L'Observance doit-être assidue et continue

La pratique des trois piliers de La Voie et l'Observance de l'agya, et ce d'une manière régulière, est la seule façon de parvenir à un résultat. Si votre but est de vivre en paix, s'il est de vous accomplir dans la Vérité, d'avoir conscience de la Grâce dans votre vie, alors vous pratiquerez avec assiduité, régulièrement.

Il est mieux de pratiquer de façon souple et régulière que d'une façon dure et irrégulière. Pratiquer uniquement quand l'envie vous vient ne porte pas de fruits à la mesure des soifs les plus grandes.

1.14

Une Observance assidue et enthousiaste
Donne de solides bases au contrôle du mental

La posture-intérieure est la seule qui existe dans La Voie et cette posture est faite de diverses vertus spirituelles comme l'humilité, la simplicité, la soif de Vérité et la joie, l'enthousiasme. Ce verset aurait aussi pu être traduit par: ''Une vraie et ininterrompue attitude de dévotion qui dure depuis longtemps donne des fondations solides''.

Personne n'est obligé de pratiquer une Sadhana. L'enthousiasme donne l'élan, la dynamique pour pratiquer avec constance et c'est aussi une reconnaissance de la Grâce reçue. Pour contrôler les variations du mental il faut de la motivation, de la joie. Ils sont d'une grande aide pour tenir sur la distance.

1.15

Par le détachement
On ne désire plus les objets que l'on connaît
Ou dont on a entendu dire qu'ils existaient

Les désirs ne sont pas les besoins. Les besoins sont légitimes: l'être humain a des besoins fondamentaux comme de se nourrir, de se loger, de vivre en sécurité, en société etc. Il est légitime de répondre à ces besoins mais les désirs sont une autre chose. Manger du caviar est-ce se nourrir ? Ne pas accorder d'importance à ses désirs est une liberté. La pratique spirituelle vraie donne cette liberté, ce détachement. Sans détachement pas de lâcher-prise, de décollage possible !

1.16

La contemplation du vrai soi mène au vrai détachement

La contemplation du vrai soi se fait dans ce que certains nomment la vacuité et qu'ils croient vide, parce qu'ils ne la connaissent pas. La Méditation profonde, sans porter attention aux pensées, permet de se rendre dans la vacuité et d'y retrouver sa vraie nature, son vrai soi qui est l'âme-incarnée, la Conscience.

1.17

Le pratiquant connaît différents niveaux de conscience
De la confusion à la joie jusqu'à la béatitude
Selon qu'il est plus ou moins dans la dualité

1.18

Au degré le plus haut de la méditation
Quand le détachement contrôle le mental
Il reste toujours les résidus des impressions

Les pensées ne peuvent être arrêtées, c'est impossible: tant que le cerveau fonctionne les pensées, les impressions sont là mais il est possible de leur "tourner le dos" par la Méditation.

Il faut, pour cela, un objet de Méditation constant, fiable, facile, intérieur et qui ne dépende pas du mental. Ce qui exclut les mantras et autres mandalas. Les quatre techniques de La Voie ont ce propos. Pourtant, même une méditation profonde ne peut effacer les résidus de l'activité psychique. Parfois, quand on va au fond de soi, un nuage de ces résidus se lève, comme de la vase quand un plongeur touche le fond. Ne soyez pas déconcerté par ce phénomène parfois générateur de peur et de confusion. Continuez de pratiquer et ce nuage retombera.

1.19

Fusionner dans la nature originelle donne la juste-vue

La nature originelle de toutes choses est le ''contenu de la vacuité'', l'Unité d'où tout provient. Fusionner dans cette nature c'est le samadhi ou nirvikâlpa-samadhi, pour un degré plus grand. La juste-vision est une conséquence de l'éveil et, pour un degré moindre, la clairvoyance, le discernement un des traits de la Conscience qui s'approfondit.

1.20

Le samadhi vient après la foi, la constance, la révélation
Et donne une perception aiguë de la vérité

La juste-vue (aphorisme précédent ) est précédée d'autres états, d'autres acquis de la pratique spirituelle, d'autres vertus comme énumérées dans le verset. Le samadhi est une méditation très profonde où la césure entre le méditant et l'objet de sa méditation s'estompe jusqu'à disparaître. Cette proche fréquentation de la Vérité donne, à la conscience, un grand discernement à propos de ce qui est vrai et de ce qui ne l'est pas, par simple comparaison. Les concepts n'entrent pas en jeu, ni les savoirs appris. C'est le principe de la Connaissance non-apprise .

1.21

l'atteignent ceux qui en ont un intense désir

Ce qui est atteint c'est la béatitude sans graine, sans cause objective, au delà des mérites du pratiquant, autrement dit un samadhi presque accidentel, une Grâce. Sans une soif intense ce but ne peut être atteint.

1.22

La profondeur de l'Observance fait la différence

1.23

Seul la confiance en Dieu mène au Royaume

La confiance en Dieu signifie la contemplation sans penser. Avec une technique appropriée, et une grande soif d'Unité, vient le samadhi quand la Conscience baigne dans Sa Lumière, Son Amour. C'est la béatitude sans les limites du temps ni de l'espace. Jésus disait, de cet état, qu'il était le Royaume.

1.24

Dieu est différent de l'homme:
Il n'est pas touché par les causes de la souffrance
Ni par la loi de l'action-réaction, pas plus que par la confusion

1.25

Dieu est la Connaissance suprême, il n'y a rien au delà

Il s'agit là évidemment du Veda, ou Connaissance suprême non apprise. Ce mot désigne la Connaissance révélée. Les connaissances apprises sont utiles pour le mental et la vie terrestre et pour mettre ses concepts en ordre mais le plus important est la Connaissance venue de la méditation, sans mots, sans pensées. Apprendre dans des livres en espérant que cet apprentissage ouvrira les portes de la compréhension du subtil, de la profondeur est une erreur. C'est dans l'autre sens que ça marche: c'est l'inspiration qui apporte la compréhension.

1.26

Hors du temps il est le guru suprême, celui des premiers maîtres

Le mot guru signifie qui chasse les ténèbres de l'ignorance par la Lumière de la Connaissance. Il ne s'agit pas là d'une image et la Connaissance n'est pas celle des livres. La Lumière dont il s'agit est une vraie lumière, qui brille. Grâce à une technique de méditation dite ''de-la-Lumière'' cette Lumière-intérieure peut être vue. Les ténèbres de l'ignorance sont la confusion, les souffrances qui en découlent. L'ignorance est la nescience, quand on ne sait pas comment voir la Lumière-intérieure, quand on ne sait pas comment entendre et écouter le son-primordial ou Saint-Nom (Satnam, Esprit-Saint).

1.27

Son Nom est le son-primordial*

* Pavaba signifie "son-primordial" ou "son-cosmique" mais aucunement Ôm. ceux qui traduisent pavanapar Ôm se basent sur le concept du mantra, pas sur la lexicologie sanskrite. 

Sur la voie de la liberté ce nom imprononçable, que l'on ne peut écrire et que l'on peut entendre en faisant le silence, et en connaissant la technique de méditation appropriée, ce nom nous en parlons en disant "Saint-Nom" ou "Verb"e. Ce son est révélé. Il n'est pas un mantra et se prononce seul, naturellement en chaque être-humain. Cette Révélation est donnée à qui en fait la demande.

1.28

La méditation sur ce son qui se répète est la méditation sur Dieu

Cette méditation est une des quatre techniques révélées aux aspirants de La Voie. Elle est l'ancêtre du pranayama et le souffle entre en jeu dans cette pratique mais ce n'est pas le pranayama tel qu'il est enseigné. Dieu est contenu en tout et dans le souffle aussi et le souffle n'a pas besoin de nous pour se faire. En pratiquant la technique dite du Saint-Nom on médite sur Dieu, sur une de ses manifestations.

1.29

En conséquence* les obstacles disparaissent
Et vient la pleine Conscience

* De cette méditation

Quels sont ces obstacles ? Ils sont les fluctuations du mental, les pensées, les impressions, les sentiments. Ils jettent un voile d'illusion sur le regard de votre Conscience ainsi que ce qui est décrit dans le verset suivant. Par la Méditation profonde, Dhyana, l'Observance de l'agya et la pratique des trois piliers, ces obstacles sont franchis. Attention: ils n'ont pas disparus. Il faudra les franchir à chaque Méditation même si, à force de pratique, ça devient de plus en plus facile et rapide.

1.30

Les obstacles sont la maladie, l’inertie, les doutes, la négligence,
La fatigue, l’indiscipline, l’imagination, le manque de persévérance,
Le retour en arrière et les fluctuations du mental

1.31

Ces distractions peuvent faire cesser l'Observance
Et entraîner chagrin, désespoir, agitation et oubli du souffle*


* Le souffle a à voir avec le « son-qui-se-répète » et l'oubli du souffle est l'oubli de la méditation en action ou Service dans l'Unité. Cela a à voir avec le pranayama mais pas tel qu'il est pratiqué depuis longtemps et aujourd'hui. Plus de précision est donnée lors de l'initiation à La Voie.

1.32

Observer la Sadhàna vous garde de ces choses

1.33

Vous pouvez garder l'esprit apaisé
Par les comportements suivants:
Vis-à-vis des gens heureux, pratiquez l’amitié,
Des malheureux, la compassion, des vertueux la gaîté,
De ceux qui agissent mal, l'indifférence

1.34

Vous pouvez aussi arriver à cette paix
Par la Méditation sur le souffle

Faute de pouvoir méditer profondément, quand les circonstances, l'environnement ne sont pas favorables, qu'il y a trop de bruit, vous pouvez vous concentrer sur la respiration comme objet de méditation. Méditer sur le souffle est le pranayama originel qui n'a rien à voir avec celui pratiqué aujourd'hui, où le méditant tente de maîtriser le souffle. Ce qu'il faut, entre autres choses, c'est se laisser maîtriser par le souffle. La Méditation sur le Saint-Nom a à voir avec ça même s'il y a quelques différences.

1.35

Poursuivre cette Méditation dans l'action aide à rester en Paix

Ce verset parle d'un des trois piliers de La Voie: le Service. Le Service c'est méditer tout en agissant. La technique du Saint-Nom peut être pratiquée assis et tout en vaquant à ses occupations, pas aussi profondément mais suffisamment pour rester focalisé et à l'abri des changements du mental. C'est ça que signifie stabiliser cette Paix. C'est le véritable karma-yoga ou ''union dans l'action''.

1.36

Vous pouvez aussi méditer sur la paix de la Lumière-intérieure

Cette Lumière-intérieure est une manifestation du Saint-Nom que l'on peut voir en soi, quand on connaît la technique appropriée. Cette technique est une des quatre révélées de La Voie.

1.37

Vous pouvez aussi libérer votre mental
De tout attachement, de tous désirs et passions

Ce verset est ironique, comme les deux suivants. C'est facile de dire qu'il faut libérer son mental de tout attachement, désirs et passions ! Mais sans ces techniques de Méditations et la Sàdhana, ou agya et les trois piliers de La Voie, comment faire ? En lisant les deux prochains versets vous comprendrez ce qu'il y a d'ironique.

1.38

Vous pouvez aussi chercher la Connaissance dans les rêves

Vous voyez l'ironie ! Les rêves n'ont évidemment rien à voir avec une pratique spirituelle, tout au plus peuvent-ils aider pour une thérapie touchant à la psyché, l'affect mais ils n'entrent pas dans l'agya ni dans les trois piliers. Les versets 1.37, 1.38 et 1.39 sont ironiques, les rédacteurs du livre avaient sans doute le sens de l'humour.

1.39

Ou faire comme bon vous semble

1.40

Avec la maîtrise de la contemplation
La Conscience pénètre dans l'essence
De l'infiniment petit et de l'infiniment grand

La Maîtrise de la contemplation, ou du contrôle des changements du mental par la Méditation permet à la Conscience de trouver, dans la vacuité, l'essence de tout, de l'infiniment grand comme de l'infiniment petit.

1.41

Comme le pur cristal prend la couleur des objets placés près de lui
Le pratiquant, libre des fluctuations du mental, sort de la confusion
Et atteint la parfaite Conscience de la béatitude, absorbé dans L'Unité

Un sucre que vous posez debout sur une sous-tasse, où il y a un fond de café, pompe ce café et en prend la couleur. La Conscience, lorsqu'elle atteint Dhyana, puis le samadhi, la vacuité pleine de béatitude, se remplit d'elle et en prend la ''couleur''. L’harmonie de la posture intérieure répond à l'harmonie de L'Unité.

1.42

À ce stade le sens, l’objet* et le savoir
Fusionnent pour devenir la Connaissance 

* Du savoir. 

La Connaissance étant là aussi l'état de Conscience particulier de celui qui est dans la béatitude, cette béatitude que le Christ désignait par le mot Royaume. Tout ce qui est pluriel se fond dans l'Unité. Le sens, l'objet et le savoir se fondent.

1.43

Quand le mental est à l'abri des pensée, des souvenirs
Et qu'il n'a plus conscience de lui-même, il y a béatitude

L'Unité, la béatitude est l'état de Conscience désigné par le vocable Satçitananda. C'est l'état de parfaite Conscience de la béatitude, c'est-à-dire de la Paix contenue dans l'Unité. La béatitude est plus que la Paix. Il y a aussi de l'Amour et la certitude d'être accompli. Cette Conscience d'être là où l'on doit à faire ce que l'on est censé faire participe de la béatitude. On peut se fondre dans cette béatitude.

1.44

Il se passe la même chose
Dans les deux stades de méditation suivants,
Que ce soit avec ou sans fluctuations du mental,
Conscience de l'identité illusoire et de l'espace-temps

Finalement on se moque bien des stades de Méditation: on médite et advienne que pourra, 
le but étant de laisser remonter à la surface la Conscience.

1.45

Le point où culmine ce processus de méditation
Est l'Unité, la vacuité, satçitananda, le Tout

1.46

Les stades de méditation décrits jusqu'ici sont dits ''avec graine''

Ces états de conscience, ces méditations sont nommés ainsi car ils sont le résultat d'une pratique assidue qui progresse marche par marche. Ils ne sont pas les fruits spontanés de la Grâce. Les graines sont les efforts, les actions, l'Observance que vous avez semés et qui ont donné leurs fruits.

1.47

La Conscience de la béatitude sans pensées ni distinctions
Étant acquise, apparaît la Lumière de L'Être suprême

La conscience de la Béatitude est l'état de parfaite union avec L'Un. En Méditation profonde on voit cette Lumière les yeux fermés. L'être suprême, Dieu est aussi Lumière mais pas seulement: il est vibration, musique, Amour, Paix. Pour faire cette expérience il est bien d'avoir des techniques et une voie spirituelle le permettant. Il existe une technique de Méditation qui permet de voir cette Lumière.

1.48

A ce stade la Connaissance devient plénitude de Vérité

La Vérité n'est plus très à la mode aujourd'hui, sous nos latitudes, quand on n'accepte pas d'être embrigadé et pourtant elle existe sans pour autant empêcher les vérités personnelles de s'épanouir. Au delà des vérités individuelles il en est une qui est universelle et c'est de cette Vérité, le plus petit et le plus grand dénominateur commun à tout, dont il est question ici.

1.49

Cette Connaissance n'a rien à voir avec
Les connaissances issues d'apprentissages

1.50

L'effet de cette Connaissance balaie les résidus de l'esprit

Les résidus sont tout ce qui reste de nos actes, de nos pensées. La contemplation assidue nettoie le pratiquant de ces résidus, de ces impressions issus du passé, mais avant d'être évacués ils soulèvent un voile trouble. Ne vous laissez pas abuser par ce trouble, cette confusion.

1.51

Quand cet état s'installe il y a extase
Sans autre support que l'extase

Dans un samadhi cet état de pleine Conscience, il n'existe plus que la béatitude éclatante et la technique de Méditation qui a permis au méditant d'y arriver n'existe plus, c'est-à-dire que le méditant ne la pratique plus, non pas parce qu'il l'a décidé mais parce qu'il ne peut rien faire, entièrement absorbé dans la contemplation extatique.