mardi 25 avril 2017

Chapitre trois, à propos de l'ultime accomplissement



La lecture du tableau des traductions comparées est ici: Yogasûtra, livre troisième

...page précédente, chapitre deux, à propos de la pratique

 
Chapitre trois



à propos de l'ultime accomplissement



3.1



Garde ton esprit fixé sur un point



C'est l'ABC de la méditation, encore faut-il choisir sur quel point garder sa concentration. Les quatre techniques enseignées sur La Voie répondent exactement à cette préoccupation: donner des points fiables qui n'alimente pas le mental.



3.2



Garder cette concentration de façon ininterrompue

Est la contemplation*

* Ou la méditation

3.3




Quand le méditant ne pense plus

Que seul l'objet de la méditation existe, il y a extase



Le samadhi est l'extase. Plusieurs auteurs traditionnels dénombrent plusieurs types de samadhi, cette manie de tout quantifier et détailler ainsi ! Mais il reste l'extase. Ce mot est souvent traduit par ''concentration'', ce qui est non seulement faux mais très réducteur.



3.4



Les trois combinés* donnent la maîtrise des fluctuations



Les trois conjugués sont dharana, dhyàna et samadhi, différents stades de méditation 

pour les voies traditionnelles du yoga mystique.



3.5



Par cette maîtrise vient la Lumière de La Connaissance



La Lumière de la Connaissance n'est pas celle de l'image d'Archimède s'écriant ''Eurêka'', avec une ampoule électrique brillant au-dessus de sa tête. Cette Lumière est une vraie Lumière qu'il est possible de voir briller en soi, en fermant les yeux et en pratiquant une technique particulière que les initiés à la voie de la liberté connaissent. 
 

Cette technique est décrite (plutôt mal et imparfaitement) dans la Gheranda-Samhita, section des Mudras, sous le nom de Shambhavi-Mudra, au verset 59: ''Dirigez votre regard vers un point situé au centre de la ligne des sourcils, et méditez sur votre soi, la Lumière-intérieure. Cette technique s'appelle Shambhavi Mudra, la plus secrète des pratiques des Écritures tantriques.'' 

Cette description n'est pas complète. L'explication complète est donnée au moment de la Révélation

3.6



Son instauration se fait étape par étape



L'établissement de la maîtrise des variations du mental ou samyama. Chaque chose en son temps et chaque marche est importante. Vouloir brûler les étapes est la marque de l'ego-spirituel, de sa vanité, de l'impatience génératrice de frustrations.



3.7



Les trois* constituent la part intérieure du yoga
comparées aux cinq précédentes**

* Anga : dhàranà, dhyàna et samadhi.
** Yama (devoirs moraux vis à vis de soi et des autres, sur la voie on dit : « dharma »), niyama (être discipliné dans sa pratique et sa vie quotidienne), àsana : c'est avoir une posture confortable pouvant être tenue longtemps lors de la Méditation, prànàyàma : garder sa Conscience sur le souffle, pratyàhàra : contemplation par l'atténuation des perceptions sensorielles.




3.8



Mais même ces trois
Sont tout de même extérieures à l'essence de l'Unité*

* Parce qu'elles ont des causes, les quatre angas précédent, contrairement à ce qui est « sans-graines », c'est à dire sans causes : le non-né, l'essence de l'Unité.



3.9



Par la maîtrise des tendances à la dispersion

Vient la méditation profonde

Et l'esprit, sans perdre sa nature

Peut dominer la confusion




3.10



Par cela il y a la Grâce de la Paix parfaite




3.11



L'extase vient quand la distraction décline

Et que s'installe la contemplation 
  

3.12



L'esprit atteint alors une étape où l'extase est continue



Quand l'attention ne tient plus aucun compte des pensées et que la contemplation est profonde, l'extase est continue mais pas toute la journée. L'extase est continue le temps qu'elle dure, celui de la Méditation. Elle peut durer une, cinq ou douze heures, dans cette durée être ininterrompue mais elle ne dure pas toute la vie. La béatitude peut être continue, pas l'extase. En extase on est complètement incapable de faire quoi que ce soit.



3.13



Pour le pratiquant, les caractéristiques apparentes

Du temps, de la matière et des sens

Changent à cause du processus qui vient d'être décrit



En extase le temps n'existe pas. On peut y être resté durant plus de douze heures et en ressortir en ayant la certitude qu'elle n'a duré que trois ou quatre secondes. L'espace n'existe plus non plus, en Conscience, car l'extase se passe dans un continuum inhabituel où il n'y a que Lumière, sans repère topographique pour appréhender sa position. On a pourtant l'impression d'y avancer à très grande vitesse, comme un boulet de canon. Évidemment que les sens habituels sont abolis. Déjà pour arriver à l'extase, le samadhi, il est nécessaire de se placer dans un état de perception atténué.



3.14



La Paix vient pour celui qui se plie à ses devoirs



Les devoirs sont les dharma, ces obligations sacrées vis-à-vis des autres et de soi. Celui qui se plie à ses devoirs connaît la Paix. On dit souvent la satisfaction du devoir accompli. Cette satisfaction, cette Paix relève de la Grâce. La Grâce vient à qui l'appelle et l'assumation de ses devoirs est un appel puissant.

3.15



La succession de ces phases différentes

Est la cause des différences perçues*


* Selon l'étape où est rendu le méditant, sa perception changera.



3.16



La conséquence des trois dernières parties*

Est la Connaissance non apprise


* les trois derniers angas : dhàranà, dhyàna et samadhi.





3.17



Le mélange des mots, des objets et des idées crée la confusion.

La méditation profonde permet de comprendre les propos d'autrui.




3.18



La réalisation du but de son incarnation

A pour conséquence,

Grâce au lien direct unissant l'âme à Dieu,

Une juste perception



3.19



La juste perception
Permet la communion avec l'esprit d'autrui



Ici la perception du lien ancien permet de réaliser ce qui nous unit. C'est le dénominateur commun, la vie est en tout et tous. Il ne s'agit pas de la télépathie. Le yoga n'est pas l'école des super-pouvoirs.

3.20



Mais pas avec ses concepts, ses pensées

Car la juste perception ne les concerne pas directement



Il est possible de communier avec l'essence de tout et de chacun mais pas d'entrer dans le mental d'autrui, son contenu, car la Méditation ne concerne que le méditant et pas l'autre. Ainsi il n'est pas possible, ni souhaitable, de pouvoir lire dans l'esprit des autres grâce à la Connaissance du lien commun que tous avons avec Dieu. Une fois que l'on a réalisé que la spiritualité vraie n'avait rien à voir avec des pouvoirs plus ou moins magiques on peut aller vers son accomplissement en toute Vérité.



3.21



Quand l’œil voit briller la Lumière

Le corps, sous sa forme habituelle,

Disparaît avec l'illusion



Quand brille la Lumière de l’œil, il s'agit bien sûr du troisième œil ou l'ajna chakra. Ce verset signifie qu'en méditant sur la Lumière-intérieure, celle du troisième œil, disparaît l'illusion du corps, l'illusion que les sens du corps permettent de voir. Tout ce qui est illusion n'est pas inexistant, simplement tout ce qui né meurt et tout ce qui est impermanent est illusion, à terme.


3.22



Le temps séparant une cause de ses effets est variable,
Il peut être court ou long selon celui qui agit
La maîtrise du mental* donne celle du karma
Et la Connaissance de la destinée ultime.


* Par l'Observance de la Sàdhana.



La maîtrise exercée sur le karma signifie la méditation dans l'action ou karma-yoga, ce que l'on désigne par le mot Service. Pour le Tao-Te-King il est question de "non-agir". Le destin dont il est question dans ce verset est la finalité de la vie, la désincarnation avec ou sans Libération.

3.23



On redevient comme un enfant*

Quand elle** s'exerce avec détachement et dévotion

* Le mot sanskrit « balà » signifie « force » mais aussi « comme-un-enfant » ce qui semble plus convenir au but d'une voie spirituelle que la force. La force de quoi ? Pour quoi faire ?
** La maîtrise.




3.24



Ainsi, comme un enfant, elle* abolit les obstacles**.

*Samyama, la maîtrise.
** Le mot sanskrit « hastin » signifie « éléphant » mais dans le contexte du Yogasûtra il fait référence à « Ganesh » (le fils de Shiva, Dieu du yoga) qui, entre autres pouvoirs, renverse, annule, supprime les obstacles. Ici il s'agit des obstacles sur La Voie de la libération.




3.25



Se projeter, par la méditation, dans la lumière intérieure

Donne la Connaissance des subtilités

Cachées, proches et distantes



Il a déjà été expliqué plus haut que la Lumière-intérieure existait et qu'il était possible de la voir, en fermant les yeux et en utilisant une technique de Méditation.

Cette technique est décrite très incomplètement dans la Gheranda-Samhita, section des Mudras, sous le nom de Shambhavi-Mudra, au verset 59: ''Dirigez votre regard vers un point situé au centre de la ligne des sourcils, et méditez sur votre soi, la Lumière-intérieure. Cette technique s'appelle Shambhavi Mudra, la plus secrète des pratiques des Écritures tantriques.''

L'effet de sa pratique est, entre autres, de voir L'Un en toutes choses, proches et distantes. Les subtilités cachées sont la manifestation de L'Un visibles seulement à une Conscience libre des fluctuations mentales.

 3.26



La méditation profonde, sur la source de vie,

Donne la compréhension des mondes

Subtils comme du monde physique



3.27



Par la méditation profonde sur la Lumière,
Vient la Connaissance* de son éclat**

* Connaissance est ici à prendre dans le sens de connaissance non-apprise, venue de l'intérieur par l'union avec l'Unité.
** On ne connaît pas l'éclat, c'est l'éclat de la Lumière-intérieure qui apporte la Connaissance.



Un ancien ouvrage chinois, Lingbao Ming Xiaodanpai Daoyin Nei Gong, parle de cette vision intérieure, en ces termes: "La vision intérieure s’obtient en intervertissant le regard, en l’intériorisant. Cela s’effectue en tournant les pupilles verts l’intérieur tout en conservant les yeux mi-clos pour laisser pénétrer la lumière extérieure".

Ce livre continue en disant: ''Les yeux relayant l’éclat des astres et en y ajoutant leur propre lumière deviennent alors le soleil et la lune de l’univers intérieur''. 
 

C'est ce que signifie exactement ce verset 3.27. La suite du texte chinois cité plus haut dit: "Ces sources de lumière doivent ensuite être dirigées vers le centre situé au milieu de front entre les deux sourcils où une troisième source de lumière, identifiée avec l’étoile polaire, réfléchit la lumière des yeux et la renvoie vers l’intérieur".

Il est encore ici question de la technique de la Lumière-intérieure. Cette technique est une des quatre techniques de méditation révélées sur La Voie .



3.28



Restez avec le flot de la Connaissance



3.29



La maîtrise exercée sur le centre d'énergie
Donne la connaissance qui protège les corps




Ce centre d'énergie n'est pas un chakra mais un état de conscience, quand les fluctuations de l'esprit cessent. On dit que l'on est au centre, siège de l'énergie de l'âme et du corps. Les corps, dont on a la connaissance protectrice par la maîtrise des variations du mental, sont le corps physique et mental. Quand notre Conscience est délivrée de la confusion, de l'ignorance par l'Observance de l'agya et la pratique des trois piliers, alors on prend soin de ses différents corps. C'est un dharma.


3.30



La méditation sur le Nectar fait cesser la faim et la soif



Le Nectar, dont la technique est le Khechari-Mudra, est décrit dans la Dhyanabindu Upanishad au verset 79-83: ''Le nectar ne tombe dans le feu ni le souffle, ne s'évapore lorsque la langue retournée, pénètre dans la Caverne-de-la-gorge (kantha-kupe), le regard, alors, se fixe à l'intérieur de l'espace compris entre les sourcils et c'est ce qu'on nomme le Sceau (Mudra) de l'Oiseau (Khechari) ". La technique du Nectar est une des quatre révélées sur La Voie. Ce verset parle du Nectar et de cette technique de méditation ancestrale qui est, la plupart du temps, soit inconnue soit mal pratiquée: certains vont jusqu'à se couper le frein sous la langue pour la pratiquer plus facilement.

 3.31



Sur le sourire-intérieur elle* soumet les sens

* La méditation


Ce que dit ce verset c'est qu'en pratiquant la Méditation sur le Saint-Nom les sens ne nous gênent plus, ils sont soumis. Ailleurs cette technique est nommée Kewali-Kumbhak ou Shabda-Brahman. Le livre Gheranda-Samhita, section Pranayama, verset 84, en parle.
Le fait de porter son attention sur cet endroit, le kùrmanàdyàm ou ''canal de la tortue'', afin de ressentir le feeling du Saint-Nom, ce sourire-intérieur, en même temps que l'air passe à l'inspire (l'Apana) et à l'expire (le Prana) est une des composantes de la technique. 
 
Certains parlent de Ham-Sa et recommandent de répéter ce son 21600 fois par jour. La vraie technique est révélée face à face à ceux qui en font la demande.


3.32



Méditer sur la Lumière-intérieure

fait connaître la perfection



La technique de méditation sur la Lumière, une des quatre révélées sur la voie est décrite dans la Gheranda-Samhita, section des Mudras, sous le nom de Shambhavi-Mudra, au verset 59. Évidemment cette description ne permet pas de la pratiquer car elle doit être révélée par un maître qui la maîtrise.



3.33



Méditer ainsi donne la Connaissance parfaite



Cette Connaissance est La Connaissance que donne l'inspiration à travers la pratique et le contact direct avec la nature divine fondamentale, satçitananda.



3.34



La méditation sur l'essence* donne la vraie compréhension

* Le mot sanskrit « hrdaya » ne signifie pas que le cœur anatomique, il veut aussi dire : « vérité », « Connaissance divine », « l'intérieur du corps », « l'âme », « le mental », « l'esprit », « le centre », « l'essence » etc.


Le centre dont parle ce verset est la Conscience vraie qu'apporte la méditation profonde. La compréhension est le fait d'intégrer, de prendre ''avec-soi'' ce qui a été découvert dans la contemplation et à travers l'Observance de l'agya et la pratique des trois piliers.



3.35



Par la concentration sur la véritable nature de l'âme,

Distincte de toutes expériences, détachée des choses matérielles

Dissociée de l'intellect, le yogi parvient à la Connaissance



Il s'agit là encore de la Connaissance intuitive venue de la méditation profonde (Dhyàna et samadhi). Ce verset explique que la méditation sur la véritable nature de l'âme (le Saint-Nom) sans pensée et sans perceptions corporelles, sensuelles, apporte au méditant la véritable Connaissance de la nature de l'âme. La compréhension vient par la méditation.



3.36



Par conséquence cette Connaissance
Donne des facultés de perceptions
mentales et sensorielles augmentées




Quitte à déplaire à l'ego-spirituel, il ne s'agit pas là de super-pouvoirs (siddhis) mais simplement de la parfaite maîtrise de ses ''instruments-corporels'' due à la Maîtrise des variations de l'état mental à travers la pratique assidue. De plus, arrivé à un certain niveau de pratique et de conscience on sent un parfum et on goûte le Nectar, dont la technique est appelé Khechari-Mudra. La vision de la Lumière-intérieure, par la pratique de la technique de méditation appropriée, est aussi une augmentation du sens de la vue.



3.37



Ces facultés ressenties comme des pouvoirs,

Par celui qui est tourné au dehors,

Sont des obstacles sur la voie du samadhi



Tout bon maître spirituel (éveillé) met en garde ses disciples à propos des supposés pouvoirs. C'est pourquoi parler des siddhis est une "hérésie" sur une voie mystique véritable. Le faux-ego, habillé en moine et devenu l'ego-spirituel, aime les pouvoirs un peu magiques et d'ailleurs le Yogasûtra n'en parle-t-il pas dans son livre trois: Vibhùtipàdah ? Non, il n'en parle pas, ce sont les traductions erronées de ce livre qui en parlent. Les super pouvoirs n'existent pas. Il n'est pas nécessaire d'avoir de super-pouvoirs pour entrer en samadhi, il faut juste avoir très soif, être humble, simple et constant dans son Observance.



3.38



Se détacher du corps physique et mental, par la Connaissance,

Conduit à sa dernière incarnation



Après tout la voie du yoga est une voie vers la Libération des chaînes des incarnations et dans un livre qui parle de l'ultime accomplissement il n'y a rien d'étrange à ce que l'on en parle un peu ! C'est dans ce verset.


3.39



Par la maîtrise du souffle ascendant on se tient sans attachements

Au-dessus de la boue des marais des épines et de la mort



Se tenir au-dessus de la boue des marais, des épines et de la mort ne signifie pas léviter mais fait penser à l'image de la fleur de lotus et de la béatitude que rien ne peut atteindre. Qu'il soit fait mention de la fleur de lotus, dans un livre à propos du yoga, n'est pas fait pour nous étonner.

3.40



Samanà maîtrise le feu



Ici il est encore question du pràna et des souffles vitaux avec samanà, un des cinq. C'est celui qui est lié au flux vital de digestion. La maîtrise du feu par le pràna, lié à la fonction digestive, c'est la guérison des ulcères de l'estomac ce qui n'étonne pas quand on connaît le goût des indiens pour le piment.

3.41



Par la méditation profonde on entend la Musique divine



La Musique divine, ou Musique-intérieure, est appelé Nada. Le fait de pratiquer la méditation sur cette Musique est Nada-Yoga. Voici une citation de la Gheranda Samhita à la gloire de la Musique, aussi nommée le Son, section Pranayama, versets 77-81: "Écoutez les sons agréables qui viennent dans votre oreille droite. Le premier son sera celui du chant d'un oiseau, le second celui d'une flûte, le troisième celui d'une nuée, le quatrième celui du criquet, le cinquième celui d'une cloche qui sonne, puis celui d'un gong métallique. Vous entendrez peut-être aussi des sons de trompette, de tambour .

Si vous pratiquez quotidiennement, il vous sera donné d'entendre beaucoup d'autres sons. Ces sons sont Anahata [non produits] et ils surgissent d'eux-mêmes. Nada est en rapport avec la lumière. La lumière est en rapport avec la Conscience [ou Esprit]. L'esprit se plonge donc dans un son qui est le siège du Seigneur. La pratique de Bhramari [technique de la Musique] donne donc le Siddhi [pouvoir] du Samadhi, ou autrement dit il donne la possibilité de rencontrer le samadhi.''



3.42



Par la méditation profonde,

Le corps-subtil ressemble rapidement à du coton léger

Flottant dans l'éther


Ceux qui connaissent Dhyàna et la contemplation connaissent 

cette sensation de coton léger flottant dans l'éther.



3.43



En nous sortant des fluctuations

Le détachement du corps* a pour conséquence

La disparition du voile cachant la Lumière

* Quand la conscience quitte le corps matériel, Mahà (grand) videhà (incorporel).




3.44

Par la méditation profonde,
Une volonté gardant sous contrôle les éléments grossiers,
Voit le subtil dans l'apparence


3.45



A cause de ça le corps apparent, les richesses,

Les événements incessants du destin semblent insignifiants



A cause de ça, de la conscience des choses subtiles dans les apparences. C'est vrai qu'avec une Conscience approfondie par la maîtrise des variations du mental, par la pratique constante d'une juste ascèse, les événements, les apparences physiques, les richesses semblent pour le moins secondaires sinon dénués de tout intérêt. La vie dans le monde, qui est la création de Dieu, est passionnante.



3.46



Le corps apparent du yogi

Tenant le vajra*

Rassemble la grâce, la puissance

Et un Samāna** stable



Le mot  "Vajra" désigne une sorte de sceptre que l'on tenait en main en signe de majesté, dans l'Inde ancienne. Le vajra est l'attribut du dieu Indra. Il s’agissait, à l’origine de la foudre. Il représente l’indestructibilité et l'immutabilité qui viennent à bout de tous les obstacles et la grande sagesse (prajñā), signifiant ainsi que la béatitude où est installé le yogi est stable, aboutie. 
 

Samāna, correspond au flux vital de digestion qui est l'un des cinq souffles vitaux. la digestion avait une grande importance à l'époque car le corps est le temple de l'âme et c'est un dharma de le garder en bonne santé afin d'être dans une harmonie de tous les éléments.



3.47



Par la méditation profonde,

Quand la conscience est associée à l'essentiel,

Il y a dépassement des perceptions du corps



Quand la Conscience du vrai soi est plongée dans l'essence de l'Unité les perceptions des sens ne sont plus un obstacle pour la maîtrise dans la contemplation. Cette essence de l'Unité est dans la vacuité, la béatitude et les techniques de méditation sont là pour permettre d'y accéder par une concentration extrême et le lâcher-prise nécessaire.



3.48



En conséquence la colère,

Les sens disparaissent rapidement

Et c'est la victoire de l'essence originelle



3.49



Par le vrai détachement, un clair discernement

De sa nature matérielle et du vrai soi,

Le yogi reste ferme dans la Connaissance



Là aussi il s'agit de la Connaissance venue de la source, la mère des Connaissances, l'inspiration de L'Unité, Satçitananda. Le yogi devient le Connaisseur de la source de toutes choses. Il s'agit de la Connaissance désignée aussi sous le nom de Veda.



3.50



Le non attachement à ces facultés* détruit les racines du mal,

Détache l'âme de la matière et l'identifie à l'esprit-suprême


* Par le détachement même des facultés exceptionnelles.



Celui qui, à force de maîtrise a de ces facultés approfondies et qui ne s'y arrête pas reste attaché à l'Esprit-suprême, Satnam, L'Unité et se détache, à cause de ça, de tout le reste: la vanité, la matière ''grossière'' et de son soi d'illusion. Les racines du mal sont la nescience, l'absence de Connaissance. La Connaissance pas les connaissances.



3.51



Le yogi devra refuser la fierté d'être invité par les gens importants

Sous peine de voir revenir les indésirables attachements



Les mystiques qui vont à toutes les invitations des gens importants, politiciens, gens de médias, pour s'étendre, dire leur point de vue, se montrer sont tombés dans le piège de l'ego-spirituel.

3.52



La méditation profonde sur l'instant

Apporte la Connaissance née de la juste-vue



Ce Verset aurait tout aussi bien pu être traduit ainsi: ''par la maîtrise exercée sur l'instant une connaissance venue de la perspicacité et du discernement est acquise'', mais la maîtrise est contenue dans dhyàna. La perspicacité et le discernement dont parle ce verset sont le discernement et la juste-vue.

3.53



Cette Connaissance permet de distinguer

Ce qui parait semblable



Ce verset aurait pu être traduit ainsi: ''Par cette connaissance, il y a la perception claire de la différence entre deux choses qui paraissent semblables puisque la différence ne peut se faire en fonction de la classe ou de l'espèce, du caractère temporel et de la position sociale''. La traduction publiée ci-dessus est un résumé disant la même chose.




3.54



Cette Connaissance, née de la juste-vue, transcende tout.

Elle est au-delà des choses, des êtres, de l'espace et du temps



3.55



La Libération est atteinte quand il y a identité de pureté

Entre la conscience individuelle et le principe divin



Ce dernier verset du livre trois signifie que quand le méditant, le yogi a fait la connexion, la fusion entre son identité d'homme et le principe divin il y a Libération. Le but de l'incarnation a été atteint.

il y a deux libérations différentes, une qui se dit Kaivalya et désigne le détachement de tous les liens, libération (yoga signifiait libération ou liberté). l'autre Libération, qui se dit kaivalyamukti désigne la fin du cycle des renaissances. Il a été ajouté le mot mukti (délivrance finale) au mot Kaivalya.